par Megan Linton, la Commissaire de la justice pour les étudiantes et étudiants handicapés de la FCEE

Chaque année, nous nous souvenons, nous reconnaissons, nous défions et nous pensons à l’avenir…

La Journée internationale des personnes handicapées nous rappelle que nous devons continuer à lutter contre le capacitisme et l’oppression systémique qui sont présents en nous, à la maison, à l’école, au travail et dans la société.

Nous nous souvenons…

Il est essentiel de se souvenir et de commémorer les personnes en situation de handicap qui ont été assassinées, négligées, ou qui sont mortes dans des établissements résidentiels. Nous reconnaissons que chaque année, plus de 50 personnes en situation de handicap sont assassinées par leur soignante ou soignant. En 2018, les crimes haineux contre les personnes en situation de handicap ont triplé. Les femmes en situation de handicap continuent d’être le plus susceptibles de subir des crimes violents ou de la violence sexuelle. Nous reconnaissons que 47 % de tous les crimes violents sont perpétrés contre des femmes en situation de handicap.

Nous nous rappelons aussi les victimes d’institutionnalisation forcée, l’histoire de la stérilisation et des politiques eugénistes, la médicalisation forcée et celles et ceux qu’on a perdus sans savoir pourquoi.

La reconnaissons…

Nous reconnaissons les manières dont les effets d’un handicap se croisent avec d’autres identités marginalisées, notamment les façons dont le genre, la race, la classe sociale et l’autochnoéité affectent un handicap et les effets d’un handicap. Nous reconnaissons les effets continus du capacitisme dans notre société, de la ségrégation, de l’isolement et de la violence que les personnes en situation de subissent chaque jour. Nous reconnaissons aussi la résilience, la force et le succès des militantes et militants en justice pour les personnes handicapées, anciens et nouveaux, et honorons et célébrons leurs victoires et leurs luttes.

Nous reconnaissons les effets de l’intersectionalité sur les personnes en situation de handicap, et que les personnes qui ont plusieurs identités qui se croisent font face à des défis et des expériences diversifiés.

Nous défions…

En cette journée internationale des personnes handicapées, nous demandons aux établissements postsecondaires d’offrir un meilleur soutien aux personnes en situation de handicap et d’éliminer les politiques de congé obligatoire, qui font preuve de capacitisme. Nous demandons aux établissements postsecondaires de rendre leurs institutions plus accessibles, tant sur le plan financier que psychologique et physique. Nous incitons les établissements à offrir des soutiens en santé mentale qui sont solides, holistiques et intersectionnels. Nous demandons au gouvernement fédéral d’aborder les questions de la loi canadienne sur l’accessibilité.  En solidarité avec le Inclusion Network, nous demandons aux gouvernements provinciaux de fermer les établissements résidentiels restants.

Nous incitons nos alliées et alliés à se responsabiliser mutuellement dans la lutte quotidienne contre le capacitisme. Nous appuyons les soutiens pour les étudiantes et étudiants handicapés et les organisations de justice pour les personnes handicapées.

À l’avenir…

Nous encourageons et mettons au défi les étudiantes, les étudiants et les leaders étudiants à centrer les voix des étudiantes et étudiants en situation de handicap et des étudiantes et étudiants neuro-atypiques. Nous recommandons une réflexion sérieuse sur la ségrégation et l’exclusion que les activités, les communications et le militantisme créent actuellement pour nos camarades en situation de handicap.